samedi 22 novembre 2008

Des Indiens à la porte de Turtelboom

Par Thomas Evrard

C’est à leur nombre que les 200 indiens, interpellés le 18 octobre dernier par les autorités bruxelloises, doivent leur liberté. «Ils ont été relâchés avec ordre de quitter le territoire parce qu’aucune place en centre fermé n’était disponible» nous raconte Lenni, l’un des jeunes de l’Union progressiste des juifs de Bruxelles qui, depuis plus deux semaines, accueille une trentaine d’entre eux. « Ils étaient très hésitants lorsqu’on leur a proposé de nous suivre. Ils craignaient que la police puisse leur remettre la main dessus à tout moment. Mais face au froid, à la faim, ils ont bien dû nous faire confiance ; cela faisait sept jours qu’ils vivotaient dans le parc de Forest...» Les locaux accueillants et chauffés de L’UPJB, les repas réguliers ainsi que la petite chaine stéréo ont offert une once de réconfort aux occupants. Toute la difficulté à présent est de surmonter l’angoisse tétanisante de l’échec du périple, lequel a commencé il y a plus d’un an déjà. Pas question de se laisser enfermer ni de rebrousser chemin. Il faut réfléchir, vite. Préparer, comme on peut, sa clandestinité à long terme.

Malheureusement, la situation de ces indiens n’a rien d’exceptionnelle. Bien au contraire, ils sont des millions, à travers l’Europe, à être sans-papiers. Malgré leur traque de plus en plus disciplinée, la clandestinité est en réalité tellement banale aujourd’hui, qu’on peut parler d’« institutionnalisation » de fait de celle-ci. Ce « statut de non-droit » est le résultat de la politique migratoire uniformément menée sur le continent et de la saturation de toutes les structures administratives ayant pour mission de d’expulser les étrangers en séjour irrégulier.

ILS DOIVENT CHOISIR LA PORTE D’ENTREE

Annemie Turtelboom, ministre VLD de l’asile et de l’immigration s’aligne parfaitement sur la politique européenne: « Pour moi, tout le monde doit être bien accueilli dans notre pays, mais ils doivent choisir la porte d'entrée. [… ]Quelqu'un qui entre dans ma maison par la porte arrière, qui s'assied dans mon fauteuil et demande les clés de la porte d'entrée, c'est non.» Malgré l’originalité de la formule, qu’elle semble familière ! : « Générosité et fermeté ». Elle n’a pas manqué d’arracher certains rire à nos jeunes indiens pourtant très peu disposer à l’humour en ce moment. De quel accueil, de quelle porte d’entrée parle la ministre? En Inde, tout le monde sait bien qu’il est interdit de venir s’installer en Europe! Cette image ne correspond à rien. Le président de la ligue des droits de l’homme Benoît Van der Meerschen confirme, sans relâche, ce fait pour la Belgique. Il n’y a jamais eu, dit-il, « …de portes pour l’immigration légale, ou tellement étroites que quasi personne ne parvenait à y passer. La Belgique s’attache à les cadenasser depuis 1974, année de l’arrêt officiel de l’immigration légale. » Ne reste que la fermeté…

Madame Turtelboom s’en défend. Si la fermeture armée des frontières, l’externalisation du contrôle migratoire et le renvoi des illégaux dans leurs pays sont nécessaires, il est une porte, à mettre en valeur selon elle, celle de « l’immigration choisie » : seuls les travailleurs étrangers qui peuvent se prévaloir de qualifications particulières répondant aux besoins économiques de l’Europe doivent être acceptés. Mais comment ne pas voir que les questions posées par le phénomène migratoire n’ont absolument rien à voir avec l’immigration choisie? Lorsqu’on interroge les dirigeants européens sur ce qu’ils comptent faire face à l’afflux d’immigrés, ils répondent, comme le fait madame Turtelboom, en évoquant un autre problème. Un problème qui touche l’immigration mais qui n’est pas celui de l’immigration. Ce problème est double, il s’agit de l’absence de travailleurs disponibles dans certains secteurs de notre économie et du vieillissement de la population.

L’IMPORTANT EST D’ECRIRE UNE JOLIE CARTE D’INVITATION

En s’abaissant au niveau de conceptualisation politique de madame Turtelboom, nous pouvons dire que lorsqu’on demande aux politiques en charge de l’immigration : « que répondez-vous aux étrangers qui viennent frapper à votre porte ? », ils répondent : « l’important est d’écrire une jolie carte d’invitation pour ceux qui ne viennent pas d’eux-mêmes.» Alors que le phénomène migratoire est à l’évidence un problème d’ordre international, un consensus égocentrique s’est, une fois de plus, établi pour détourner le débat sur un obstacle purement interne. Les discussions sont balisées autour des notions de chômage et de pouvoir d’achat quand il s’agirait, en l’espèce, de parler de crises alimentaire, climatique, environnementale et sanitaire. On nous parle de croissance économique, de compétitivité des entreprises et de vieillissement de nos populations; alors que la compréhension et la maîtrise des flux migratoires passeraient inévitablement par un débat sur les déséquilibres économiques internationaux, les pressions démographiques, la dette infinie du tiers-monde et l’image « infériorisante » que renvoient les pays industrialisés à celui-ci. Les déclarations de notre ministre de l’immigration et de ses homologues européens frisent l’absurde : ils présentent la migration choisie comme étant la solution face à l’afflux de clandestins venant du sud, alors que la réquisition de ses élites intellectuelles est bien la dernière chose qui puisse aider leurs pays d’origines.

Il est essentiel pour l’avenir de nos démocraties, déjà si malmenées, que les citoyens européens puissent comprendre les véritables enjeux liés à l’immigration. Un dialogue constructif ne pourra avoir lieu que lorsque nous l’aurons assaini du fantasme de la fermeture des frontières et des autres formes investies par un électoralisme primaire rarement égalé. Il y a urgence. Que restera-t-il de notre humanité si nous attendons d’acquérir, par la force des choses, le sens de la responsabilité qui nous fera reconnaître le problème de l’immigration pour ce qu’il est : le nôtre ?


mercredi 15 octobre 2008

Un royaume peu attrayant

Par Eleonore Van Derton

The Forbidden Kingdom (Le Royaume interdit)

Durée : 113 minutes
Réalisé par : Rob Minkoff
Avec : Jet Li, Jackie Chan, Michael Angarano
Genre : Aventure, Action

Synopsis


Passionné de Kung-fu et de cinéma « made in Hong Kong », un ado américain passe le plus clair de ses jours et de ses nuits à regarder les classiques de Bruce Lee ou à fureter dans les allées de sa boutique préférée de Chinatown. Il y découvre une longue cane, l’arme du Roi Singe, un combattant légendaire. Une nuit, menacé par une bande de jeunes, Jason vole la cane et, en s’enfuyant, tombe d’un toit. A son réveil, il se retrouve plongé en pleine Chine ancienne. Accompagné de deux maîtres d’arts martiaux, il a désormais pour mission de libérer le Roi Singe en lui remettant son arme…

Critique


Qui dit : Chine ancienne, combats d’arts martiaux, Jet Li et Jackie Chan…pense sûrement à Tigre et Dragon, Hero, Le secret des poignards volants…Zhang Yimou…paysages magnifiques…scènes de combats somptueuses… Et bien non ! Certes, les paysages et les quelques scènes de combats entre Jet Li et Jackie Chan impressionnent ou émerveillent mais ne sont pas assez nombreuses pour sauver ce film.

Notes pour plus tard : éviter à tous prix de mélanger l’humour potache, pas toujours très fin, l’action et la musique des bons gros films d’action U.S. avec la subtilité, la grâce et le sens de l’esthétique des paysages, histoires et combats asiatiques.


La rencontre risque d’être explosive et surtout indigeste !


L’histoire de ce jeune américain, fan de Kung Fu, au pays des empereurs et des arts martiaux fait plutôt l’effet d’un éléphant dans un magasin de porcelaine.


Une intrigue simpliste, manquant de cohérence, une musique mélo accompagnant un héros ultra énervant, qu’on aimerait voir le moins possible à l’écran, des dialogues (essentiellement en anglais !) et un humour lourdauds ternissent les quelques rares belles scènes du film.

Cours de Cluedo à Oxford

Par Eleonore Van Derton

The Oxford Murders (crimes à Oxford)

Durée : 107 minutes
Réalisé par : Alex De La Iglesia
Avec : Elijah Wood, John Hurt, Leonor Watling, Julie Cox
Genre : Thriller

Synopsis

Oxford, une veille dame a été assassinée. Un jeune étudiant et un éminent professeur de mathématiques découvrent le corps. Ils se retrouvent alors plongés au cœur d’une enquête dans laquelle chaque meurtre est annoncé par les symboles d’une suite logique. Pour empêcher une succession d’assassinats, il faudra deviner le prochain symbole de la suite …

Critique

Une partie du Cluedo géant agrémentée de mathématiques et de philosophie…

Le meurtre a lieu dans l’univers grisâtre et froid de l’université d’Oxford. La victime ? Une vieille dame. Les indices? Des suites logiques dont chaque symbole (à deviner) annonce le prochain meurtre …L’éminent mathématicien et professeur de logique Arthur Seldom rencontre Martin, un de ses plus fervent et tout aussi brillant admirateur et se retrouvent, par hasard, au cœur de l’enquête.

Commence alors une course contre la montre pour découvrir, non sans une certaine excitation, le prochain symbole constituant la suite. Dans les rôles principaux, John Hurt et Elijah Wood se complètent parfaitement entre fascination (malsaine ?), admiration et jalousie.

Tentant de déchiffrer les énigmes et regrettant soudainement de n’avoir jamais été « matheux », le spectateur se plaît à jouer les détectives philosophes et férus de théorèmes Pythagoriciens, en plaçant tout au long de l’histoire chacun des protagonistes dans le rôle du meurtrier.

Une musique et des personnages secondaires légèrement angoissants et « glauques » juste ce qu’il faut font de ce film, un thriller bien ficelé, intelligent.

mardi 14 octobre 2008

Frontex, médicament contre l'immigration des sans-papiers?

Par Thomas Evrard

Lorsque l'Union Européenne concocte un "médicament" pour réguler l'immigration, quid de l'avenir des sans-papiers.


Lorsqu’on regarde l’histoire, on s’aperçoit que l’immigration à tantôt été perçue comme un problème, tantôt comme une solution à encourager. Dans l’Europe d’aujourd’hui, faut-il l’admettre, le phénomène est appréhendé avec une inquiétude obscure. Ils sont trop nombreux se dit-on. Comment intégrer autant de personnes sans risquer de perdre l’équilibre socio-économique qui est le nôtre? Sur certaines plages du sud de l’espace Schengen, il en arrive, chaque jour, des dizaines. En Italie, par exemple, environ 25.000 clandestins naufragés ont été ramassés au cours de l’année 2006. On annonce la crise du système pénitentiaire. Les autorités locales sont débordées. D’autant qu’il y a aussi les cadavres de ceux qui n’arrivent jamais à "bon port". Si la plupart disparaissent dans les eaux capricieuses de la reine Méditerranée, on en retrouve un millier par an rien qu’à la pointe espagnole de Gibraltar. Embarquer sur un "Cayucos" (quasi-radeau) reste un ultime recours pour les clandestins. Sur les 500.000 immigrés illégaux entrant chaque année dans ce que certains nomment « l’Eldorado » et d’autre « la forteresse », la grande majorité arrivent avec un permis de séjour valable et le prolonge ensuite sans autorisation. Mais les conditions pour l’obtention d’un visa s’étant radicalement durcies, ils sont de plus en plus nombreux à se détourner des procédures administratives pour s’en remettre à la mer.

Ces nouvelles données stimulent le débat au sein des institutions européennes. Quelle attitude adopter face à ces percées migratoires? Vont–elles diminuer ou, au contraire, s'accentuer? A-t-on une obligation morale de receuillir tous ces miséreux? Schengen a élaboré une réponse. Elle consiste un peu à envisagé l’Europe comme un système d’exploitation informatique. Pour faire face aux incursions, il faut se munir d’un par-feu et d’un anti-virus.

Le nom du par-feu rappelle celui d’un médicament : Frontex. Cette agence européenne, tenue discrète, a pour mission d’enrayer l’immigration clandestine. Elle coordonne les polices des Etats membres, forme des garde-frontières, et dispose d’un arsenal technique pour intercepter elle-même les "Cayucos" en mer. En complément des forces civiles et militaires des Etats européens, elle a aussi pour mission de mettre sur pieds des équipes d’intervention rapide et commence à organiser des expulsions regroupées par vol charter. Policier, cet organisme est également diplomatique. Frontex est en effet chargé de traiter avec les pays réputés lieux de transit des clandestins. Ainsi, des accords de coopération de taille variable ont déjà été signés avec le Sénégal, la Mauritanie, le Maroc, la Lybie, l’Algérie... D’autres devraient rapidement voir le jour. Avec les premiers, ils constitueront tout d’abord un filtre continu, du Caire à Dakar, doublant le contrôle effectué le long des côtes européennes. Le dispositif sécuritaire dont l’Europe se fait le promoteur, comprend encore plusieurs choses dictées aux pays de transit : une surveillance renforcée dans et aux alentours des ports. Le développement d’une politique dissuasive consistant en la recherche et la poursuite systématique de tout les sans-papiers qui affluent en direction des côtes. Et enfin, la multiplication de « camps d’accueil » locaux ou gérés par Frontex pour les rassembler. Pour ceux qui passeraient entre les mailles du fire-wall, un anti-virus commun pour les Etats européens a été installé, cet été, grâce à une alliance entre libéraux et autres partis conservateurs. Il s’appelle : « directive retour ». Ce texte est une première ébauche du droit européen de l’immigration. Il règle les conditions minimales à respecter, par les 27, avant l’expulsion des intrus. C’est la fonction «delete » de la politique migratoire européenne. Lorsque qu’un individu est interpellé, un délai de sept à trente jours lui est, en principe, laissé pour quitter l’espace Schengen par ses propres moyens. S’il ne le fait pas, une décision d’expulsion sera prise par l’administration. Cette décision pourra être assortie d’une arrestation et du placement en centre fermé de l’immigré pour une durée allant jusqu’à 18 mois.

La directive devra être transposée dans les deux ans. Elle laisse à chaque Etat membre la liberté de régulariser ou non les sans-papiers. Le rapporteur de la directive, Manfred Weber, rappelait avec ferveur, le jour de son succès, l’objectif fondamental de l’antivirus: « Actuellement, n’importe quel pays de l’UE est en mesure de renforcer sa législation. Le vote d’aujourd’hui l’empêchera de le faire au-delà de certains standards minimaux ».

Pouvons nous réellement partager cet enthousiasme?

Si le débat public sur l’immigration avait réellement lieu, peut être s’y laisserait-on moins tromper. Nous aurions sans doute à l’esprit ce qu’indiquent toutes les études scientifiques interdisciplinaires : une envolée certaine des flux migratoires vers l’Europe dans les années à venir. Cela a encore été rappelé au cours de la conférence sur les migrations climatiques tenue à Bruxelles le 11 juin dernier. Les parlementaires européens en sont bien conscients. Si nous l’étions aussi nous serions portés à interpréter la déclaration de Weber différemment. Ce qu’il avoue implicitement, c’est la grande probabilité d’une répression substantiellement accrue des clandestins. Notre attention est alors attirée sur le fait que la directive, elle-même, s’avoue temporaire. En effet, les clauses finales prévoient que le texte devra faire l’objet d’une évaluation par la commission, au plus tard dans les trois ans, et devra être modifiée selon la nécessité. De plus, l’article 18 de la directive prévoit aussi la possibilité de la mise parenthèse des droits des immigrés illégaux en cas d’urgence. Un usage extensif de cette disposition est sans doute à craindre; par exemple en Grèce et en « Berlusconitalie ». En réalité, l’applicabilité de la directive dépendra directement de l’efficacité de Frontex. Tant que le pare-feu retiendra assez de migrants hors des frontières de l’Union, la « directive retour » aura une chance d’effectivité sur la durée. Avec l’intensification des mouvements de population en sa direction, l’Union devra proportionnellement renforcer Frontex si elle ne veut pas avoir à "upgrader" sa directive-antivirus dans le sens d’un allègement des conditions d’expulsion. C’est la stratégie choisie par la majorité libérale. En juin dernier encore, Nicolas Sarkozy, en visite chez son ami Berlusconi, a rappelé la nécessité impérieuse de booster Frontex. Seulement voilà, qu’advient-il des refoulés ?
Ils sont rabattus sur les pays de transit. La-bas, ils subissent le même sort que chez nous sauf que le respect du « délinquant » y est rare, les conditions de détention encore nettement plus précaires et les retours au pays plus improbables. N. Sarkozy n’a cessé de le répéter depuis sont investiture : la gestion future de l’immigration se fera en fonction des intérêts économiques de l’Europe. « L’immigration est nécessaire mais elle doit être contrôlée » déclarait-il lors de son passage à Rome. Mais si nous avons de sérieuses raisons de craindre pour notre économie, quelle chance y a-t-il pour que celle des pays de transit dont la réalité socio-économique est incomparablement plus dure que le nôtre, et déjà souvent confrontés à un autrement plus sérieux problème démographique, résistent aux migrations de la faim ? Et c’est tout particulièrement cet effet boule de neige que craint la communauté scientifique.

La contamination de la pauvreté dans les systèmes en développement ne peut, à terme, que multiplier les flux migratoires. Lesquels ne pourront se retourner que contre nous. Nous ne pouvons ignorer qu’au final, le degré de violence auquel nous mènera notre politique répressive du court terme, se nomme : la guerre. Ainsi donc, la sécurité juridique des immigrés invoquée par Weber est une façade absurde. Car même si Frontex, maître programme, parvient à refouler suffisamment les migrants pour que s’applique les termes, déjà glaciaux, de la « directive retour »; cela ne pourra se faire qu’au prix d’une répression plus autoritaire dans les pays de la périphérie. (Comme au Sénégal ou le président A. Wade, en collaboration avec Frontex et l’Espagne, a d’ores et déjà déclaré la tolérance zéro envers les clandestins.) Le leurre de la sécurité juridique est destiné à donner un tond plus humaniste à la lutte contre le virus « immigration ». Jusque dans les termes : Retour « volontaire », pays d’ « accueil », décision d’ « éloignement », « droits » de l’immigré. Nous devons nous préparer à la relativisation complète de tous les droits et libertés de « l’homme en tant que migrant ». Et à voir la détermination de ceux qui quittent tout pour l’affronter, l’indifférence pathologique de notre conception « informatisée » de la sécurité risque d’entrainer des bugs violents.

jeudi 25 septembre 2008

À l’abordage !

Par Quentin Van Donghen.


Forban, flibustier, corsaire, boucanier, écumeur… Les termes ne manquent pas pour se rappeler les doux souvenirs d’un personnage comme Jack Sparrow, héro incarné par Johnny Depp dans le film Pirate Des Caraïbes. Loin du romantisme du capitaine crochet, il semblerait que les pirates soient de retour !


Un voilier haut de gamme, un thonier, un plaisancier… Tous ont été victimes d’actes de piraterie récemment. Autant de sujets qui ont fait les gros titres, principalement en France mais aussi aux quatre coins du monde. Au total, en 2007, 263 « boat-jacking » ont été recensés dans les eaux du globe, soit 24 de plus que l’année précédente. D’après Pottengal Mukundan, directeur de l ’IMB (le Bureau Maritime International), ce chiffre serait pourtant encore sous-estimé. Pour éviter d’apeurer les affréteurs, les armateurs plus modestes seraient tentés de ne pas signaler toutes les attaques.


En dix ans, 3200 marins ont été pris en otage et 160 d’entre eux, exécutés ! Même si le bilan humain n’est pas négligeable, on aurait pu s’attendre à pire. Il est rare, en effet, de voir le pavillon noir hissé, signifiant qu’il « n’y aura pas de survivant »[1]. Ce n’est pourtant pas faute d’être armé ! Si naguère, la poudre à canon précédait l’abordage et les combats au corps-à-corps; Aujourd'hui, ce sont les bazookas et autres Kalachnikovs qui ont pris la relève. La raison est à chercher ailleurs. En fait, les pirates sont devenus des preneurs d’otages. Rien à voir avec des terroristes qui ont des visées politiques. Les forbans se servent de leurs garants humains et matériels pour réclamer des rançons conséquentes non pas pour changer le monde mais pour en vivre… Grassement puisque les butins peuvent atteindre plusieurs millions de dollars. Les trésors décrits par Jack London ont quelque peu changé. Pièces d’or et bijoux ont été remplacés par pétrole, huile de palme, métaux et poissons.


Les zones à éviter sont très vastes, empêchant la mise en place d’une véritable politique pour sécuriser les mers. Des efforts sont faits dans le détroit de Malacca, entre l’île de Sumatra en Indonésie et la Malaisie, en mer de Chine, au large du Bangladesh, de la Thaïlande et de l’Inde. L’Afrique, de son côté, éprouve plus de mal à lutter contre les agresseurs. La Somalie et le Nigeria sont régulièrement cités. Pire, on parle de connivence avec une partie des autorités locales dans ces pays où le pouvoir central a de plus en plus de mal à se faire entendre.

Des discussions sont en cours à l’ONU pour mettre en place une force internationale mais les décisions se font attendre… Une fois de plus !




[1] Cfr le capitaine François de Hadock dans Le Secret de la Licorne.

mercredi 17 septembre 2008

Quel beau pays

Par Lise Francotte


mardi 16 septembre 2008

Paris présidente!

Par Tao Franklin


Entre Paris Hilton et John McCain, le torchon brûle! Depuis qu’il a utilisé l’image de la starlette dans un de ses spots promotionnels, elle ne le laisse plus tranquille et s’est vengée en diffusant une vidéo parodique sur le net.


La bataille est sans pitié entre John McCain et Barack Obama, les candidats à la présidence des Etats-Unis. Tous les coups sont permis pour discréditer son adversaire et le candidat républicain l’a bien compris. Quoi de mieux que de comparer dans une vidéo Obama à Paris Hilton et Britney Spears, les deux bimbos d’Hollywood mieux connues pour leurs virées nocturnes que leur talent. Dans ce montage, il voulait faire passer le démocrate pour le people le plus célèbre du monde, préférant s’afficher avec des vedettes, plutôt que de s’occuper de l’Amérique. De quoi ternir l’image de Barack Obama, car l’associer à ce genre de personnages le rend tout sauf sérieux.


La vengeance d’une blonde


Paris Hilton n’a pas apprécié que son image soit utilisée dans un spot pro John McCain et a répliqué aussi vite. Dans une vidéo, on y voit l’héritière en bikini s’adresser au candidat républicain qui a utilisé son visage sans lui demander l’autorisation et au peuple américain. «Salut l'Amérique, je suis Paris Hilton et je suis aussi une célébrité. Mais je ne viens pas du passé et je ne promets pas le changement comme l'autre mec. Je suis juste une bombe». Le ton est donné et Paris se fout complètement que sa mère finance un partie de la campagne de McCain. Elle prend soin de recadrer la situation et de simuler sa candidature aux prochaines élections. « Mais ce mec ridé aux cheveux blancs m'a utilisée dans son spot de campagne, ce qui, j'imagine, veut dire que je suis candidate à la présidence. Alors, merci pour le soutien, mec aux cheveux blancs, et je veux que l'Amérique sache que je suis, du style, complètement prête à prendre les commandes». La jet-setteuse ne recule devant rien et provoque le candidat ouvertement.


Paris en route pour la « Maison Rose »


Prenant son rôle de future présidente des USA très au sérieux, mademoiselle Hilton a déjà choisi sa vice-présidente et souhaite bouleverser les traditions. «Et maintenant, excusez-moi, il faut que je choisisse un vice-président. Je pense à Rihanna, la jeune chanteuse pop de la Barbade. On se verra à la Maison-Blanche. Je vais peut-être la repeindre en rose, j'espère que ça ne vous dérange pas». Que de projets et d’humour du haut de ses 27 ans. Elle a même pensé à parler de l’énergie. Paris terminera son message avec Tinkerbell, son chihuahua, dans le bras par: « Je suis Paris Hilton et j'approuve ce message, je trouve qu'il est complètement super».


Une véritable businesswoman


Plutôt que de voir son image ternie par John McCain, Paris en a fait un atout. Sa vidéo a fait le tour du monde à la télévision comme sur le Net. Encore une occasion de l’exposer médiatiquement et de faire parler d’elle. Même si la starlette croule sous les projets (Télé-réalité, Dessin animé, série, chanson…), elle n’a pas une actualité brûlante et a une émission à vendre. Tous les coups de pubs sont donc bons à prendre, et quand elle peut en faire de l’argent, c’est encore mieux. Elle vient de décider de lancer une ligne de t-shirts imprimés « Paris for President ». Gagner sa vie sur le dos de John McCain ne la dérange absolument pas.


Pas si idiote que ça finalement, elle sait saisir toutes les occasions de faire sa promotion et de renflouer son compte en banque par la même occasion.

lundi 15 septembre 2008

5, 4, 3, 2, 1...


Par Quentin Van Donghen

Avec les nouvelles du jour, nombreux sont les journaux qui s’étendront sur les 88 morts du crash d’un 737 dans l’Oural. La victoire de Charleroi sur le Cercle de Bruges pourra tenir la une de la rubrique sportive d’un quotidien. La présence d’Eva (Longoria) dans la même cité carolorégienne ce samedi, prendra quelques lignes au rayon potins. Les ravages d’Ike occuperont probablement plus de place que la déclaration de « guerre du pétrole » par le Mend au Nigeria.

Ce sont les rouages de l’habitude. La réponse des médias à ce qu’on attend de l’actualité. Une question est récurrente au sein des rédactions : faut-il donner aux lecteurs, auditeurs ou spectateurs, ce qu’ils veulent savoir ou ce qu’ils doivent savoir ?

Certains font le choix de nous mettre, nous publics, au centre de leurs préoccupations avec les dérives inhérentes. Une information taillée sur mesure avec ce qu’ils pensent être « nos attentes ». D’autres estiment que le devoir, tout relatif, des médias est de proposer les informations qu’ils pensent, subjectivement, être importantes de porter à notre connaissance. Le petit monde de la presse se trouve donc dans l’obligation de choisir entre risquer de plaire ou risquer de déplaire. Quel parti prendriez-vous si votre gagne-pain dépendait directement du nombre d’exemplaires vendus, de personnes qui regarde ou écoute votre programme ?

La réponse est facile… La solution l’est moins !

Les mots se suivront, ici, dans les jours à venir. Des mots écrits par des plumes passionnées dont les phrases ne sont pas conditionnées par le nombre de visiteurs ou un parti politique. Ces mots n’ont pas la prétention d’être rigoureusement objectifs, ne constitueront certainement pas LA vérité. Mais ils ont le courage de l’avouer. Loin de vouloir se substituer aux traditionnelles sources d’information, ils seront des compléments qui éveilleront votre sens critique. Des entrelacements de lettres qui vous proposeront des cheminements simplement différents en évitant la précipitation. Nos « vérité(s) peuvent attendre cinq minutes »… Cogiter n’est pas annoncer !

Que nos mots vous soient agréables…